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Livre

  • France, réveille-toi!

    La kleptocratie française

     

    https://youtu.be/-4xGiKyLnTg

  • Les pépins de santé de Tintin, globe-trotter intrépide

    Vous êtes-vous jamais demandé combien de fois le héros dessiné par Hergé a été blessé ou malade tout au long de sa vie hasardeuse et trépidante qui l’a conduit dans 23 pays réels ou imaginaires, mais aussi sur la Lune ou au contact d'un fragment de météorite ("L'étoile mystérieuse")? Ne cherchez plus ! Toutes les réponses, parfaitement documentées, se trouvent dans un article publié en ligne le 11 mai 2015 dans la revue La Presse Médicale. Il est signé de cinq auteurs (quatre français, un américain et un britannique), infectiologues et généticien moléculaire, tous fans inconditionnels de Tintin.

    Les auteurs se sont amusés à recenser tous les problèmes médicaux que le célèbre globe-trotter a éprouvé de 1930 à 1976, depuis " Tintin au pays des Soviets " jusqu’à " Tintin et les Picaros ". Ils ont évalué les causes et conséquences de tous ses soucis de santé, qu’ils aient été traumatiques ou non, provoqués par un tiers ou du seul fait de l’imprudence du héros.

    Au total, 244 accidents médicaux liés à 236 situations plus ou moins périlleuses ont été comptabilisés. Le valeureux personnage de fiction a eu 33 accidents de voiture ou d’avion, dont six résultants de tentatives d’homicides sur sa personne. Il sera en outre enlevé seize fois. Des  kidnappings dont il subira des conséquences pour dix d’entre eux, en l’occurrence six traumatismes et quatre intoxications au gaz ou chloroforme.

    Malgré tout, Tintin ne fut hospitalisé que six fois et ne subit que deux actes chirurgicaux, dans " L'Île noire " et " Objectif Lune ". Mais Tintin n’est resté à l’hôpital qu’un seul jour dans trois aventures, et quelques jours ou semaines dans trois autres. Dans Le Sceptre d'Ottokar (1938-39), il se retrouve certes aux urgences après un accident de voiture mais en sort avant même d’avoir été examiné par un médecin.

    Le personnage de fiction a connu en moyenne huit soucis de santé par aventure. Leur nombre a cependant diminué après 1945, passant après cette date de 14 problèmes de santé en moyenne à 6 par album. Sans doute faut-il y voir le fait que Tintin a été rejoint dans ses aventures tumultueuses au fil du temps par d’autres personnages, en l’occurrence par les détectives Dupont et Dupond en 1934, Tchang le jeune orphelin chinois en 1936, le vieux loup de mer capitaine Haddock et le professeur Tournesol, doux rêveur et inventeur hétéroclite. L’apparition de ces nouveaux personnages a probablement incité Hergé à un peu plus préserver Tintin de problèmes de santé, mais sans doute au détriment de ses compagnons d’aventures, selon les cas, alcoolique, sourd ou légèrement idiot.

    Sur les 244 problèmes de santé de Tintin, 191 étaient des accidents traumatiques, dont 62 % de traumatismes crâniens. La plupart d’entre eux étaient des commotions cérébrales légères ou moyennes, survenues tout de même à 84 reprises. Le héros sera victime de six polytraumatismes. Les autres accidents traumatiques correspondent à 53 traumatismes fermés (sans autre conséquence qu’une douleur), mais également à des brûlures (6 fois), des plaies par arme à feu (3 fois), des morsures (7 fois). Ces dernières ont été provoquées par un homme, un lion, un perroquet, un piranha, un rat, un requin, et même par Milou. Le moins que l’on puisse dire est que Tintin possède une incroyable résistance aux traumatismes de toute nature.

    Les autres soucis de santé de Tintin ont été des problèmes de sommeil liés un stress intense (15 %), des manifestations liées à une anxiété ou une dépression (13 %), des problèmes liés à la consommation d’alcool (9 %).

    Le reporter à la houpette a eu 46 pertes de connaissance lors de 16 aventures. Pour 23 d’entre elles, elles étaient d’origine traumatique. Tintin est notamment resté inconscient à deux reprises après qu’on lui a tiré dessus, mais les balles ne feront qu’érafler les côtes ou le crâne. Il ressort que 29 % des événements ayant conduit à un problème de santé étaient intentionnels, autrement dit causés par des tiers contre Tintin, dont 55 tentatives de meurtre.

    Curieusement, les auteurs n’ont pas trouvé trace de la moindre pathologie liée aux voyages chez le globe-trotter intrépide que les aventures ont pourtant amené à connaître des catastrophes naturelles (avalanches, tremblements de terre, tempêtes sur terre et sur mer) ainsi que de nombreux environnements hostiles dans 18 contrées bien réelles, qu’il s’agisse notamment de l’océan Arctique, du Sahara, des déserts d’Arabie, de l’Amazonie, des forêts d’Indonésie, des montagnes des Andes ou de l’Himalaya. A noter qu’il est plus qu’étonnant que ce personnage n’ait jamais eu la diarrhée du voyageur ("tourista"), de fièvre, d’infection respiratoire, de coup de soleil, de piqûre d’insecte, ni même le mal de mer ou encore le mal aigu des montagnes, pathologie liée à l’altitude.

    Bref, un vrai dur à cuire ce Tintin. Une résilience hors du commun. Normal non? N’est pas Tintin qui veut. Tous les journalistes le savent!

    Marc Gozlan, journaliste à Sciences et Avenir

    Pour en savoir plus:

    Caumes E, Epelboin L, Leturcq F, Kozarsky P, Clarke P. Tintin's travel traumas: Health issues affecting the intrepid globetrotter. Presse Med. (2015), 11 May 2015.

    Medrano J, Malo P, Uriarte JJ, López AP. Stigma and prejudice in Tintin. BMJ. 2009 Dec 16;339:b5308.

    Cyr A, Cyr LO, Cyr C. Acquired growth hormone deficiency and hypogonadotropic hypogonadism in a subject with repeated head trauma, or Tintin goes to the neurologist. CMAJ. 2004 Dec 7;171(12):1433-4.

  • Tout savoir sur les ennuis de santé du capitaine Haddock

    Tonnerre de Brest, ces cinq auteurs-là ne sont pas une bande d’ectoplasmes, mais de sacrés fans de Tintin ! Les médecins et chercheurs Eric Caumes, Loïc Epelboin, Géraldine Guermonprez, France Leturcq et Peter Clarke ont publié le 21 juillet 2016 dans la revue La Presse Médicale un article détaillant tous les pépins de santé que le capitaine Haddock a enduré au cours de ses aventures avec son ami Tintin. Ces auteurs s’étaient déjà amusés à recenser les problèmes médicaux éprouvés par le célèbre globe-trotter de 1930 à 1976 et avaient publié leurs résultats dans la même revue en mars 2015.

    Ces tintinophiles ont méticuleusement répertorié les traumatismes et autres ennuis de santé du capitaine Haddock, des simples bosses et égratignures aux commotions cérébrales en passant par les brûlures et pertes de connaissance, sans évidemment oublier les états d’ébriété et le delirium tremens. Ils ont évalué les causes et conséquences de tous les soucis de santé du héros de Hergé qu’ils aient été traumatiques ou non, provoqués par un tiers ou du seul fait de l’imprudence.

    Le personnage d’Haddock, impulsif, colérique et alcoolique, apparaît dans la 9e des 23 aventures imaginées par Hergé, ce qui explique qu’il en ait vécu quinze. Le commandant de la marine marchande a accompagné Tintin dans ses péripéties à partir de l'épisode du Crabe aux pinces d'or (1941) et a partagé durant plus de vingt ans la vie mouvementée de son meilleur ami. Le valeureux loup de mer s’est rendu sur cinq continents, a visité 14 pays (10 existants et 4 imaginaires) en plus de la Belgique, et a même marché sur la Lune.

    Au total, 249 accidents médicaux ont été comptabilisés, contre 244 problèmes pour Tintin. Il a subi 193 traumatismes et 56 événements non traumatiques. Le solide capitaine Haddock a connu 109 commotions cérébrales légères ou moyennes, dont 15 survenant dans un contexte de polytraumatisme.

    Outre son penchant pour l’alcool, Haddock est un fumeur. Il a été victime de brûlures à 15 reprises, occasionnées par une mauvaise utilisation d’allumettes, de cigares ou de sa pipe. Dix fois, il se brûle la barbe ou les doigts.

    Quand il ne s’agit de traumatismes, les ennuis de santé de Haddock sont en rapport avec son alcoolisme. Les auteurs ont dénombré 21 états d’ivresse. Ceux-ci ont été plus nombreux au cours des premières aventures que par la suite. L’unique épisode de delirium tremens est survenu lors de sa toute première aventure alors qu’il était un grand buveur. Au total 17 épisodes d’imprégnation alcoolique ont été responsables d’euphorie, de logorrhée, d’hallucinations, de troubles du comportement, de tristesse, d’anxiété et troubles du sommeil et d’agressivité. Le diagnostic d’ « insuffisance fonctionnelle du foie » a également été posé lors de la quatrième aventure. Par ailleurs, il a été victime des effets désagréables de la prise concomitante d'alcool et d’une pilule anti-alcool expérimentale inventée par le Professeur Tournesol (Tintin et les Picaros) !

    ibald Haddock a fait 13 pertes de connaissance, dont quatre liées à des commotions cérébrales sévères. Quatre autres sont survenues lors de décollages de fusée et d’atterrissages. Trois évanouissements se sont respectivement produits lors d’un manque d’oxygène à bord d’un vaisseau spatial au cours des dernières minutes de vol, à l’occasion d’un coup de chaleur et en état d’hypnose. 

    Malgré tout, le courageux capitaine n'a été hospitalisé que deux fois, suite à une explosion (L'Affaire Tournesol) et pendant plusieurs jours après avoir été hypnotisé par un extra-terrestre (Vol 714 pour Sydney). Il ne fut jamais opéré.

    Par ailleurs, il a souffert d’un trouble du rythme cardiaque après le retour sur Terre de la fusée (On a marché sur la Lune). En outre, une entorse sévère de la cheville d’origine traumatique a nécessité le port un plâtre pendant deux semaines (Les Bijoux de la Castafiore).

    Il a ressenti des douleurs en rapport avec un barotraumatisme de l’oreille moyenne lors d’un voyage en avion (Vol 714 pour Sydney). Il a été piqué par des insectes à quatre reprises et développa une énorme réaction sur le nez après une piqûre de guêpe (Les Bijoux de la Castafiore). Le personnage de fiction a également souffert de sept traumatismes résultant de coups portés par un crocodile, un anaconda, un yéti, un tapir, des singes et une anguille électrique. Enfin, il s'est fait mordre par un perroquet, par la petite tzigane Miarka et par Milou. Au total, il a été mordu quatre fois par des animaux.

    Suivant pas à pas Tintin et Haddock, les auteurs soulignent que le nombre de soucis de santé par aventure diminue pour Tintin alors qu’il augmente pour Haddock. Si globalement le nombre de traumatismes et de commotions cérébrales est comparable pour nos deux héros, ils sont cependant moins graves pour Haddock que pour Tintin. En effet, sur les 109 commotions qui ont touché Haddock, 5 ont été sévères (grade III et IV), contre 28 sur 118 chez Tintin. Lors de ces traumatismes crâniens, Haddock a perdu connaissance 14 fois, contre 46 fois pour Tintin. Enfin, comme on pouvait s’y attendre, le capitaine Haddock a connu plus de problèmes de santé liés à l’alcool (38) que Tintin (5).

    Selon Hergé, Tintin eut une influence positive sur Haddock, l’image de celui-ci évoluant de celle d’un ivrogne lors de sa première apparition à celle d’un gentleman lors de sa quatrième aventure, au cours de laquelle il ne boit que de façon sporadique. Une tendance que confirment les auteurs, soulignant que les soucis de santé liés à l’alcool se sont produits dans un tiers des cas lors de la première aventure du personnage. Aucun problème de santé lié à un état d’ébriété n’est en effet survenu au cours des trois dernières aventures.

    Pour conclure, les auteurs notent des points communs entre Haddock et Tintin. Ainsi, aucun des deux héros n’a souffert de diarrhée liée aux voyages, d’infection respiratoire, de coup de soleil, de mal de mer (ce qui aurait été le comble pour un marin), de pathologie liée à l’altitude, de fièvre.

    Il apparaît finalement que le capitaine Haddock a connu un plus grand nombre d'ennuis de santé que son meilleur ami. Pour les auteurs, c'est « un personnage extraordinaire qui souvent surpasse Tintin ». Mille millions de mille milliards de mille sabords !

    Marc Gozlan, journaliste à Sciences et Avenir

    http://biomedicales.blogs.sciencesetavenir.fr

     

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    Caumes E, Epelboin L, Leturcq F, Kozarsky P, Clarke P. Tintin's travel traumas: Health issues affecting the intrepid globetrotter. Presse Med. 2015 Jun;44(6 Pt 1):e203-10.

    Chanson P. Les aventures de Tintin chez le médecin. Presse Med. 2015 Jun;44(6 Pt 1):584-5.

    Castillo M. Tintin and colleagues go to the doctor. Am J Neuroradiol. 2011;32:1975–6.

    Druez P, Druez A, Druez V. Les nouvelles aventures médicales de Tintin et Milou. La médecine et son univers. Louvain Med. 2010;129:195–200.

    Druez P, Druez A, Druez V. Les nouvelles aventures médicales de Tintin et Milou. Le boire et le manger. Louvain Med. 2010;129:228–33.

    Druez P, Druez A, Druez V. Les nouvelles aventures médicales de Tintin et Milou. Quelle place pour la gastro-entérologie. Louvain Med. 2010;129:263–6.

    Huaux JP, Huaux P, Lietaert N. Les aventures médicales de Tintin et Milou. Place de la rhumatologie. Louvain Med.1986;105:589–603.

    Les pépins de santé de Tintin, globe-trotter intrépide (sur ce blog)

    Capitaine Haddock (Wikipedia)

  • Toute la gauchiasse dans ce dico!

    Un dictionnaire des idées reçues adapté à notre temps.

    Par Claude Robert.

    Nous vivons une époque formidable. Ce n’est d’ailleurs pas tant l’époque actuelle qui se distingue par ce que l’on pourrait qualifier de « l’épaisseur ». Ce serait plutôt le « politiquement correct » qui l’a infiltrée. C’est même plus que de l’épaisseur. On pourrait parler d’empâtement, voire de bouffissure. Mais pour ceux qui n’auraient pas la chance de se rendre compte de l’existence de cette infâme moraline glucosée, voici heureusement un petit lexique qui devrait très vite y remédier :

    Austérité/Rigueur : ce concept est tellement fin qu’il est inconnu de la plupart des économistes. Et pourtant, on ne parle que de lui en ce moment. Pensez-vous, il fut un temps lointain pendant lequel on croyait bêtement que l’on ne pouvait dépenser que ce que l’on possédait. Et qu’en cas de ruine, il fallait faire disette. Qu’est-ce que c’était stupide. Heureusement, cette période idiote est révolue. De quel droit quelqu’un qui n’a plus d’argent devrait-il se serrer la ceinture par rapport à quelqu’un qui en est pourvu ? De quel droit un pays qui se serait ruiné devrait-il vivre moins bien qu’un pays qui se porte bien ? N’est-ce pas de la discrimination ? Voire même de la stigmatisation ? Et si jamais vous vous demandez « qui va payer ? » sachez que vous n’êtes qu’un pisse-vinaigre. Car rien ne doit s’opposer à la satisfaction immédiate et constante du désir mimétique si cher à R.Girard. Surtout, si quelqu’un vous dit qu’austérité et rigueur ne sont que de purs produits de la morale actuelle, des sortes d’hybrides issus du croisement du refus de stigmatiser et du rejet du monde de la finance, et qu’ils constituent de ce fait les virus les plus toxiques de la pensée actuelle, dites-vous bien que cette personne est forcément un économiste mal intentionné.

    Bonne gestion : voir Impensé ou Tabou.

    Chômage : mal endémique propre aux pays libéraux ou capitalistes anglo-saxons. Ne dites surtout pas qu’avec ses 10,3% la France est son royaume, car ce serait un sacrilège. Exercez plutôt votre haine sur les États-Unis (5,5%), l’Angleterre (5,4%) ou l’Allemagne (4,7%). Et si on insiste auprès de vous sur l’origine de telles différences, alors répliquez que c’est parce qu’elle mène une politique encore plus ultra-libérale que les autres que la France en est là.

    Démocratie : système politique basé sur la possibilité laissée au peuple de valider lors des élections les promesses qui lui sont faites par la classe politique. Si quelqu’un avait tout de même la grossièreté de trouver des exemples récents de promesses mirobolantes qui auraient gravement induit le peuple en erreur, objectez qu’il est odieux de stigmatiser celui-ci. Si on vous répond que les hommes politiques sont des menteurs, et que ce n’est pas non plus le fonctionnement normal de la démocratie, rétorquez qu’il est tout aussi odieux de stigmatiser les dirigeants. Ils font ce qu’ils peuvent, avec le peuple qu’ils ont. Et si jamais votre contradicteur vous agace avec ses doutes quant à la véracité d’une démocratie basée sur la manipulation d’un peuple désinformé par une classe politique perfide et endogame, alors insultez-le en l’accusant de promouvoir le vote censitaire. Ainsi vous aurez le dernier mot.

    Finance/Monde de la Finance : lubie toxique qui ne cesse de vouloir se rendre incontournable alors qu’elle n’est que la domination des plus pauvres par les plus riches, domination purement fortuite et virtuelle dont on peut se débarrasser très facilement. Il suffit tout simplement de le vouloir. Et si jamais quelqu’un vous glisse dans l’oreille que ce n’est pas faute d’avoir voulu ni même essayé que la Grèce s’est cassée les dents sur ce monde-là, répondez que ce pays n’a pas eu de chance. Ce n’était pas le bon moment, la météo n’était pas propice. La prochaine fois sera la bonne et la Finance sera définitivement clouée au pilori.

    Front de Gauche : réservoir potentiel pour le lieu géographique où s’exercent le Bien et la Finesse. Voir Parti Socialiste.

    Front National : lieu géographique où s’exercent le Mal et la Vulgarité Sociale.

    Impensé : voir Tabou.

     

    Keynésianisme : LA solution à tout. Cette théorie de J.M.Keynes initialement dédiée au traitement des problèmes d’insuffisance de la demande est mise à toutes les sauces, y compris pour résoudre les problèmes d’insuffisance de l’offre. Pourquoi donc ? Mais bien évidemment parce qu’elle a fait la preuve de son efficacité. La France ferait-elle du keynésianisme depuis les années 1980 si ça ne marchait pas ? Voyons ! Bon, certains experts susurrent que redynamiser l’offre exige tellement plus d’efforts et de courage politique que cela a méchamment desservi cette solution. Mais ils ont parfaitement raison ! Pourquoi devrions-nous expérimenter des solutions qui ne sont efficaces qu’au prix d’un terrible inconfort ? N’y a-t-il pas suffisamment le choix parmi les solutions agréables ? Sinon, ne peut-on pas attendre encore une décennie ou deux ?

    Libéralisme : la cause de tous les maux de la planète : pauvreté, pollution, violence, exclusion. Est confondu avec le capitalisme et souvent affublé du préfixe ultra pour le bien-être de tous. Surtout, n’écoutez pas les fredaines de la World Bank ou du FMI comme quoi le nombre de pauvres diminue et le nombre de riches augmente. Ces chiffres sont faux. Répondez que les humains vivaient bien évidemment beaucoup mieux au Moyen Âge ou pendant l’Antiquité. Et si par mégarde quelqu’un osait brandir l’argument du progrès technologique, faites-lui dire que vous vous en passeriez bien volontiers.

    Parti Républicain : abus de langage consistant à s’approprier les valeurs de la République dans des buts bassement politicards.

    Parti Socialiste : lieu géographique où s’exercent le Bien et la Finesse. Cet exercice peut se réaliser dans les faits, ou, le cas échéant, par le Verbe. Il EST par essence, et ceci définitivement. Ontologiquement, il ne peut donc être ni remis en cause ni même dépassé par mieux que lui. Et comme il EST le Bien, c’est au réel de s’adapter à lui et non pas l’inverse.

    Politique de relance : voir Keynésianisme.

    Réformes: au commencement, ce mot véhiculait des notions principalement positives de changement, d’évolution, d’espoir de se diriger vers des jours meilleurs. Actuellement, ce signifiant se charge de plus en plus de connotations puantes qui proviennent d’un paradigme infréquentable : celui des réformes libérales et de l’austérité. Gageons que ce mot aura donc perdu tout son potentiel de rêve d’ici quelques mois ou années. Au train où vont les choses, il rejoindra très vite la clique des gros mots. Puis il s’enfoncera lentement dans la trappe obscure des impensés.

    Relance de la demande : voir Keynésianisme.

    Relance de l’offre : inconnu. Voir Keynésianisme.

    Responsable/Responsabilité : enfant pervers de la stigmatisation. Qui nomme un responsable le stigmatise ! Qu’on se le dise, il n’y a de responsabilités que collectives. Ainsi, c’est moins pénible à supporter puisque l’inconfort de la stigmatisation se dilue dans le nombre. Tout de même, si on vous chagrine en combinant ces notions avec le mot peuple, objectez qu’en linguistique politique, il existe des syntagmes impossibles. On ne peut pas stigmatiser un peuple. Le peuple a toujours raison. Il est souverain, même et surtout lorsqu’il n’a rien compris à ce qui lui arrive. Voir Démocratie.

    Riches/Puissants: cas particulier, exception notable dans le lexique du Politiquement Correct. Et pour cause, les Riches et les Puissants sont les seuls que l’on puisse actuellement stigmatiser. Et si vous n’en êtes pas encore sûr, sachez que cette stigmatisation est même fortement recommandée. Au pinacle du hit parade des têtes de turcs et autres boucs émissaires du moment se trouvent le FMI, l’Euro-groupe et les Banques. Détestons-les ! Montrons-les du doigt !

    Stigmatiser : le mal absolu. À éviter à tout prix sous peine de passer pour un facho sans cœur, un monstre de méchanceté, un beauf inculte. Bien évidemment, les psychologues diront que ne jamais stigmatiser peut finir par ouvrir la porte à tous les abus ; les juristes que cela préfigure la fin du droit ; les philosophes que c’est l’avènement du relativisme le plus tordu. Mais ils se trompent. Pourquoi leur point de vue serait-il meilleur ? Qu’est-ce qu’ils en savent ?

     

    Tabou : voir Impensé

    Claude Robert est consultant international en organisation, et auteur du site satirique “Eradiquons le politiquement correct français“

  • Hé, quoi de neuf, docteur!...

    Pendant 30 ans, le Dr Guilbert s'est amusé à collecter les lapsus les plus drôles de ses patients. Un recueil de ces "perles" est né.

    «J'ai encore une douleur de mon nerf crucial"; "On m'a fait trois points de soudure"; "Je suis patatraque»… Les lapsus de ses patients sont autant de "petits bonheurs" que le Dr Michel Guilbert collecte depuis qu'il a commencé à exercer la médecine générale. En 30 ans de carrière, le praticien installé à Bagneux (Hauts-de-Seine), auteur jusque-là d'ouvrages plus sérieux, a amassé suffisamment de "perles" pour les réunir dans un recueil très amusant, intitulé avec l'ironie qui le caractérise C'est grave docteur?* Avec 30.000 exemplaires déjà vendus depuis la sortie fin mars, le concept semble avoir séduit le public.

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    “J'ai un canard lombaire étroit"; "le gynéco m'a fait un frotti-frotta“: "on m'a fait une fellation in vitro“: le Dr Guilbert assure n'avoir jamais éclaté de rire en consultation en entendant les inventions de ses patients. "Ils ont beaucoup d'imagination, mais on en ri ensemble, pas à leurs dépens. Une visite médicale peut engendrer un petit stress, et face à cela, chaque médecin a sa façon de travailler. Moi j'ai opté pour l'humour, ça dédramatise beaucoup les consultations. Du reste, la médecine, ce n'est pas toujours triste. La plupart du temps, ça se passe même très bien!"

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    Celui qui se définit comme un "médecin de famille" ne s'est pas encore vu réclamer de droits d'auteur par ses patients. "Ceux qui connaissent le livre l'ont accueilli favorablement: certains me l'ont fait dédicacer, d'autres m'ont fait un clin d'œil en me demandant pendant la consultation: “c'est grave docteur”?

    Étrangement, ses visiteurs semblent même vouloir accélérer la parution d'un tome 2."Depuis que le livre est sorti, j'ai l'impression d'entendre encore plus de perles qu'avant! Par exemple, une jeune fille m'a raconté qu'elle faisait de l'épileptique en salle de gym“.

    Mais le plus drôle, selon lui, est encore au-delà des mots. "Un soir, un patient malade m'appelle pour une visite à domicile alors même que je m'apprêtais à regarder un super match de foot à la télévision. Je me rends chez lui en traînant un peu les pieds, et je le trouve installé devant le match. Je me place derrière lui pour l'ausculter, et j'en profite pour jeter un œil à l'écran. Je me suis retrouvé tellement absorbé par le jeu que le patient, immobile, a fini par s'inquiéter de mon silence: “… Ça veut dire que c'est grave, docteur?”

    * C'est grave docteur?, éditions de l'Opportun, 9,90 euros

  • Journalistes: comment ils vous manipulent

    " Comment les médias nous parlent (mal) " de Mariette Darrigrand

    Publié dans Lecture, Médias

    Dans une Société devenue hyper-médiatique, une sémiologue de renom s’intéresse aux effets destructeurs du langage journalistique sur le moral des Français et surtout au caractère stérile des mots utilisés, qui n’ont pour effet que de paralyser la seule chose qui compte véritablement : l’action. Une sorte de nivellement par le bas, en somme.

    Par Johan Rivalland.

    Comment les médias nous parlent mal

    Je ne connaissais pas Mariette Darrigrand. Elle est sémiologue, un métier connu à travers les analyses que l’on peut lire, ici ou là, depuis longtemps en Sciences politiques, communication, ou Marketing, notamment.

    Sa spécialité, quant à elle, est l’analyse du discours médiatique.

    Elle intervient, semble-t-il, dans divers médias, en particulier France Culture, où elle anime une chronique dans une émission intitulée "Le secret des sources", que j’écouterai volontiers un de ces jours…

    L’hypertrophie de la Doxa

    Le présent essai Comment les médias nous parlent (mal), s’intéresse au caractère néfaste de l’usage excessif de certains mots dans les médias, qui reviennent de manière redondante, selon une certaine forme de panurgisme aux effets qu’elle juge dévastateurs, et selon les modes du moment.

    Un thème, donc, parfaitement intéressant et reflet de notre Société. Un révélateur de l’esprit devenu dominant de la Doxa (parole vide, selon le vocabulaire de nos philosophes antiques) face au Logos (parole pleine).

    Le principal reproche émis à l’encontre des médias est l’usage fait du vocabulaire et le pessimisme ambiant dans lequel il nous plonge collectivement.

    Non pas que nous n’ayons pas de bonnes raisons d’éprouver certaines formes de pessimisme (par exemple face à la relative léthargie de nos politiques dans leur action), mais parce que ce vocabulaire, loin d’être au service de l’action ou de la réaction, se limite à déplorer, se lamenter, s’auto-flageller de manière stérile, sans véritable souci de comprendre, d’analyser, de construire.

    Et le problème est que, dans cette société hyper-médiatisée, nous baignons, du matin dès le réveil et jusqu’au soir, dans ce contexte de pessimisme ambiant et répété, qui finit par jouer sur notre moral ou fausser notre perception.

    Facteur d’angoisse, nous sommes alors en partie atteints de maux purement occidentaux que l’on peut nommer, selon Mariette Darrigrand, "mélancolie, nombrilisme, anti mondialisme", surtout lorsque l’information tourne en boucle à longueur de journée et qu’on est "médiavore".

    Un vocabulaire plaintif à la recherche de l’audience

    C’est ainsi qu’un certain nombre de mots prennent une importance exagérée, selon des effets de mode correspondant à une volonté, consciente ou inconsciente, de coller à "l’opinion majoritaire " du moment.

    Au service d’un certain moralisme ou d’une volonté de refléter les ressentis présumés des Français, ces mots sont repris à qui-mieux-mieux sans précaution, plus dans un souci de recherche du sensationnalisme et de l’audience que de vraiment analyser et susciter la réflexion.

    Mariette Darrigrand, en bonne observatrice des médias, s’intéresse aux mots les plus marquants de 2013 (parfois depuis plus longtemps), à l’instar du mot "fragile", par exemple, mis à toutes les sauces et appliqué à tous les domaines de la vie, des plus quotidiens aux plus emblématiques (personnalités politiques ou autres, situation économique, …), faisant fi de ses origines latines pour en faire un instrument associé à la crise et au désir de s’en remettre à plus grand, à savoir celui qui pourra nous en sortir (l’Etat ?).

    Vocable associé aussi à " la tempête " et tout ce qui succède à "l’impuissance" qui prévalait auparavant, à la recherche de celui qui sera " capable de garder le cap dans la tempête "ou face à" l’imaginaire de la pluie et du beau temps", source devenue classique du catastrophisme ambiant, parfois au risque d’en faire trop.

    Particulièrement symptomatique est le mot "colère", qui a notoirement marqué 2013 selon Mariette Darrigrand.

    Le problème, explique-t-elle, est que ce vocable devient un "fait de société", là où il n’est en réalité qu’un sentiment, une pulsion, " et non une pensée articulée ", contrairement au sens positif qu’elle revêtait chez les philosophes grecs, pour qui elle devait être tournée vers l’action.

    Elle devient donc, du fait des journalistes, quelque chose de "fictionnel" davantage "de l’ordre de l’idéologie régressive imaginaire" et du "sentiment d’injustice" que de quelque chose qui puisse être véritablement utile et constructif.

    De l’indignation stérile au misérabilisme ambiant, ces qualificatifs n’ont pour effet que de jouer sur les émotions et rien d’autre, avec toutes les conséquences négatives que cela peut induire et les fantasmes de la "table rase".

    Du diagnostic à l’action

    Tous ces qualificatifs ont pour point commun de faire perdurer l’usage de l’indémodable mot "crise", derrière lequel politiques et journalistes aiment à se réfugier constamment, comme s’il s’agissait d’une fatalité, là où pour les grecs anciens, loin de constituer la maladie, il consistait en un diagnostic ("penser la situation pour agir").

    C’est le dernier mot que l’auteur explore, pour ensuite en appeler, en conclusion, les médias à changer d’état d’esprit et jouer le véritable rôle de contre-pouvoir qui leur est en principe dévolu, loin de tout sensibilisme ou toute complaisance, voire de "mythologie", nous permettant ainsi de "récupérer un peu de liberté", en privilégiant au contraire le pluralisme, l’analyse, la réflexion, ce qui n’exclut pas une part de Doxa, mais qui vise à être rééquilibrée, ne laissant pas aux "faiseurs d’opinion" le soin d’imprimer dans les esprits des idées artificielles et malheureusement qui deviennent dominantes, à l’encontre de ce devrait être la véritable démocratie.

    Un petit livre en forme de mise en garde, donc, et qui sonne juste, mais qui m’a semblé très court et assez peu approfondi, malgré les qualités de l’auteur et l’intérêt du thème. Un côté trop instantané, rapide, anecdotique et probablement " vitrine ", destiné peut-être à séduire le public qui connait déjà la chroniqueuse et peut avoir plaisir à la retrouver à travers un écrit, ou à élargir la sphère de ceux qui s’intéresseront à ses émissions. A moins que cela ne s’inscrive dans une tendance très actuelle à faire court, pourquoi pas d’ailleurs; certainement un peu des deux.

    Cela dit, l’ensemble demeure néanmoins sympathique, vivant et intéressant en soi, même s’il ne s’agit pas d’un grand ouvrage. Gageons que l’auteur saura nous proposer, à l’avenir, quelque chose de plus travaillé, sur ce même thème ou un autre voisin. Elle dispose a priori de toute la ressource pour œuvrer en ce sens.

    Mariette Darrigrand, Comment les médias nous parlent (mal), Editions François Bourin, janvier 2014, 77 pages.