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Gens - Page 198

  • O Macarel!

    Un ver vivant dans le cerveau

    Déceler, au microscope, sur une pièce biopsique de cerveau la présence d’une larve d’un ver chez un patient résidant en Grande-Bretagne, puis retirer chirurgicalement le parasite, d’une longueur d’environ 10 cm, n’est assurément pas un geste diagnostique et thérapeutique banal. Les médecins et chercheurs britanniques, qui rapportent ce cas clinique et le séquençage de l’ADN de la larve dans la revue Genome Biology, précisent que leur patient, un chinois de 50 ans, résidait depuis plus de 20 ans au Royaume-Uni mais se rendait fréquemment dans son pays natal.

    Il s’avère que cet homme souffrait depuis quatre ans d’une sparganose cérébrale, une infection parasitaire due au développement de la larve d’un ver plat du genre Spirometra. Une première biopsie cérébrale n’avait pas permis de mettre en évidence le parasite.

    Ce patient était suivi au St Thomas’ Hospital de Londres pour divers symptômes neurologiques qui ont évolué au cours de la zoonose. Il a ainsi présenté des maux de tête, des crises d’épilepsie partielles et généralisées, des troubles de l’olfaction, des troubles de la mémoire, des douleurs progressives du côté droit du corps. Durant ces quatre années, la larve s’est déplacée d’au moins 5 cm à l’intérieur du cerveau, passant de l’hémisphère droit vers le thalamus à gauche, comme l’attestent les multiples clichés IRM réalisés au cours de sa maladie. Il manquait à la larve retirée par les chirurgiens l'extrémité buccale et les crochets. Que l'on se rassure : il s’agit là d’éléments qui ne risquent pas de repousser spontanément ! Un traitement antiparasitaire a été administré dans les suites immédiates de l’intervention chirurgicale.

    On comprend que ce cas clinique, immédiatement relaté sur leur site internet par The Daily Mail et The Telegraph le 21 novembre dernier, ait largement défrayé la chronique, et pas seulement Outre-Manche. Au-delà du buzz médiatique, que sait-on sur le plan épidémiologique de cette étonnante parasitose, qui représente le premier cas de sparganose cérébrale rapporté au Royaume-Uni ?

     

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    Le cycle de vie du parasite (spargana) est complexe et n'est pas encore totalement élucidé. Il implique au moins trois hôtes. Des carnivores, tels que les chats et les chiens, sont les hôtes définitifs de ce parasite. Ils l'hébergent dans leur intestin grêle. Les œufs évacués par les excréments de ces animaux sont sans doute mangés par des cyclops. Ces minuscules crustacés sont ainsi les premiers hôtes intermédiaires du parasite. Ces cyclops, infestés par un stade larvaire du parasite, sont probablement à leur tour ingérés par des hôtes intermédiaires secondaires que sont des serpents et des grenouilles. Des recherches ont montré qu’en moyenne 22% des grenouilles en Chine sont infestées par ce parasite, avec une fréquence variant de 3% à 90%. 

    L’homme se contamine en buvant de l'eau contenant des cyclops. Il peut également contracter la parasitose en consommant de la chair crue de serpent ou de grenouille contaminée par le parasite. Enfin, il peut s’infecter, lorsqu’il a recours à la médecine traditionnelle, en appliquant sur une plaie cutanée ouverte, voire sur les yeux, des cataplasmes de chair de grenouille ou serpent infectée par la forme larvaire du ver. Il peut aussi s’infecter en avalant de minuscules têtards vivants.

    Cette affection parasitaire se rencontre en Asie, principalement en Chine, Corée du Sud, Japon et Thaïlande. Le parasite à l’état larvaire erre dans la peau d’où il gagne habituellement le tissu sous-cutané ou le muscle. Il peut cependant atteindre les yeux, la moelle épinière, le sein, mais aussi la bouche, le cou, la cavité abdominale, le foie, les poumons. La larve peut également migrer dans le cerveau, entraînant une inflammation chronique. Le parasite y chemine au sein de multiples tunnels visibles à l’IRM, selon le plan des images, sous la forme de trajets sinueux ou circulaires.

     

    La sparganose cérébrale est la forme la plus grave de cette zoonose. Les symptômes neurologiques sont variés car ils dépendent de la localisation de la larve et de sa migration intracérébrale. Le tableau clinique peut comprendre des maux de tête (céphalées), des crises épileptiques, des paralysies des membres, une perte du langage (aphasie), des troubles visuels, des troubles des fonctions cognitives, des vertiges, des symptômes psychiatriques.

    C’est en 1882, en Chine, que le premier cas humain de sparganose a été rapporté, à Xiamen, dans la province côtière de Fujian, au sud-est du pays. Depuis, on a recensé plus d’un millier de cas dans 25 provinces en Chine continentale. Entre janvier 2000 et septembre 2010, pas moins de 110 articles ont été publiés en chinois dans la littérature médicale décrivant 164 cas de sparganose humaine (surtout des formes cutanées et musculaires), principalement survenus dans six provinces (Guangdong, Henan, Fujian, Hunan, Guangxi, Hubei). L’atteinte du système nerveux central lors de cette parasitose est très rare. En 2013, une étude chinoise, publiée dans le Journal of Clinical Neuroscience, précisait que l’âge des patients atteints de sparganose cérébrale se situait entre 3 et 83 ans et que la durée des symptômes pouvait varier de 2 semaines à 15 ans !

    La sparganose cérébrale peut donc survenir chez l’enfant, le premier cas pédiatrique ayant été décrit en 1918. Il y a deux ans, des médecins chinois ont rapporté 18 cas chez des enfants âgés de 3 à 17 ans. Parmi eux, six avaient mangé de la chair de grenouille crue, des crabes non cuits ou bu de l’eau contaminée. Dans quatre cas, les médecins avaient posé le diagnostic de tumeur cérébrale avant de réaliser leur erreur en cours d’intervention chirurgicale en retirant un ou plusieurs larves vivantes ou mortes. Chez une fillette de 9 ans qui se plaignait depuis sept mois de maux de tête et de violents vomissements, les neurochirurgiens ont retiré une larve, vivante, de 13 cm de long ! Chez cette jeune malade, l’emplacement et la taille des lésions tortueuses visibles à l’IRM avaient évolué au cours du temps. Elles avaient fini par induire un volumineux œdème (gonflement du tissu cérébral à proximité de la larve migrante), créant à l’image IRM une lésion de 6,1 cm de diamètre !

     

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    Le cas britannique de sparganose rapporté ces derniers jours serait-il un cas unique en Europe? Une recherche bibliographique nous apprend qu’un cas de sparganose a été enregistré en 1976 à Bologne, en Italie, chez un homme qui n’avait jamais voyagé à l’étranger. Il n’a finalement été rapporté dans la littérature médicale qu’en 2003, les auteurs jugeant finalement important de publier tous les détails d’un cas rare, mais très instructif. Le patient, passionné de pêche depuis son enfance, s'est probablement infecté en buvant l’eau d’une rivière contaminée par de petits crustacés infestés par les larves d’un ver du genre Spirometra. Le patient a développé une forme cutanée de la maladie, avec présence d’un nodule à la cuisse. Quatre autres cas, tous survenus en Italie, ont été publiés en 1953 (2 cas), 1964 et 1976.

    Signalons que deux observations de sparganose ont été rapportées en France. En 1977, la présence d’une larve d’un ver du genre Spirometra a été signalée dans un nodule sur la poitrine chez un homme de 21 ans habitant à Paris. En 1999, une infection oculaire à ce parasite a été rapportée chez un adolescent de 14 ans résidant dans un village en Auvergne. A ce jour, aucun cas de sparganose cérébrale n’a été rapporté en Franc

  • Note mise pour les anti-vaccins: contrarien-ne, apprends à mourir!

    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/11/03/23000-pourquoi-meningites-graves-sont-difficiles-diagnostiquer

    Pourquoi les méningites graves sont difficiles à diagnostiquer

    En 2013, il y a eu 585 cas d'infections invasives à méningocoque recensés en France. Cinquante personnes en sont mortes et 49 ont présenté des séquelles précoces.

    "Naître avec le printemps, mourir avec les roses." Si Émilie aime tout particulièrement ce premier vers du poème de Lamartine, dont elle a repris le titre pour son propre récit *, c'est qu'elle a failli périr, d'une méningite, à la fin de l'été. "J'ai juste un petit bout de doigt qui m'a été enlevé, dit-elle aujourd'hui, mais quand je vois les séquelles je me dis: pourquoi ai-je encore mes jambes? Pourquoi ai-je encore ma tête?"

    Car aujourd'hui, Émilie Sougey sait tout de la méningite, des premiers signes à l'issue parfois dramatique (50 morts en France l'an dernier), en passant par les séquelles parfois très lourdes. Elle sait que l'infection peut se propager à tout le corps et nécessiter des amputations des doigts, mains, pieds, jambes. Elle sait tout cela… Mais elle n'en savait rien ce jour de prérentrée des terminales du lycée Notre-Dame-des-Victoires, à Voiron, où elle a commencé à se sentir mal, torturée par un mal de tête terrible. Ses parents non plus.

    "Si j'avais su…" Cette phrase terrible trotte dans la tête de tous les bénévoles de Méningites France Association Audrey et Petit Ange qui organisaient le 7 octobre dernier un colloque sur les séquelles de la méningite, à l'Institut Pasteur. "J'ai perdu ma fille d'une méningite à méningocoque B en moins de 22 heures en janvier 2003. Elle avait 4 ans", raconte Patricia Merhan-Sorel, présidente de Petit Ange, qui plaide pour une meilleure information des parents. Car dans une forme appelée Purpura fulminans, tout peut basculer extrêmement vite.

    Fièvre et maux de tête

    Or même un médecin peut se laisser surprendre et mettre une forte fièvre sur le compte d'une infection banale. "Il y a des cas où les enfants ont été renvoyés à la maison après avoir vu un médecin ou être allés à l'hôpital", regrette Mme Merhan-Sorel. Inutile de blâmer le praticien, il voit bien plus d'infections sans gravité que de gravissimes méningites. "Fiez-vous à votre instinct de maman", souffle-t-elle. N'hésitez pas à faire le 15 qui saura évaluer la situation. Voire rappeler si elle n'évolue pas favorablement.

    Car le diagnostic reste difficile et la triade classique de signes "fièvre, raideur de nuque et altération de la conscience" est fluctuante. Ainsi la "raideur de nuque" n'est pas toujours présente, en particulier chez les nourrissons. La fièvre et les maux de tête sont en revanche plus habituels, car la pression cérébrale augmente et l'infection est généralisée, c'est une septicémie. La diffusion des méningocoques (il existe aussi des méningites dues à des virus mais elles sont en principe moins dangereuses) dans tout le corps explique le risque d'atteinte des petits vaisseaux faisant apparaître des taches rouges ou violacées, comme des piqûres d'épingle, sur la peau: le Purpura fulminans.

    Ces lésions signent l'urgence et renforcent la nécessité de ne pas perdre de temps. C'est une question d'heures. "On évoque toujours les maux de tête mais avant d'arriver dans les méninges c'est une infection sanguine", explique le Dr Muhamed-Kheir Taha, responsable du Centre national de référence des méningocoques à l'Institut Pasteur de Paris.

    Vaccins

     "Même lorsque le diagnostic est précoce et le traitement est adapté, la mortalité reste forte", explique Catherine Olivier, professeur de pédiatrie à l'université Paris-VII. En 2013, il y a eu 585 cas d'infections invasives à méningocoque recensés en France, dont 14 dans les départements d'outre-mer. Le pic saisonnier a eu lieu en février (71 cas) et l'incidence la plus faible en septembre (31 cas). Un à deux cas par jour en France, c'est peu, d'où l'importance de rester vigilant avec ses enfants. Sur les 585 malades recensés l'an dernier, 50 sont morts et 49 ont présenté des séquelles précoces. Les classes d'âge les plus touchées sont, détaille l'Institut de veille sanitaire, les nourrissons de moins de un an (82 cas), les adolescents de 17-19 ans (71 cas) et les plus de 90 ans (13 cas).

    Le traitement de la méningite repose sur l'antibiothérapie en urgence mais il existe aussi des vaccins préventifs contre les souches les plus fréquentes. L'an dernier en France, sur les 561 cas d'infections invasives à méningocoque pour lesquels le sérogroupe était connu, il s'agissait essentiellement du B (326 cas, soit 58 %) et du C (146 cas, 26 %). La vaccination contre le méningocoque C est désormais recommandée à tous les nourrissons à 12 mois, avec une dose de rattrapage jusqu'à 24 ans révolus. En revanche, la vaccination contre le méningocoque B ne fait pas pour l'instant l'objet d'une recommandation générale et il n'est pas remboursé en dépit de son coût élevé, ce qui suscite la colère de pédiatres interrogés par des familles aux revenus modestes. Il est conseillé aux personnes à risque élevé d'infection (certains déficits immunologiques notamment) et à titre temporaire dans des zones géographiques délimitées ou pour une population identifiée, selon le Haut conseil de santé publique.

    *  Comme un papillon, disponible chez l'auteur Sougeyemilie@hotmail.fr.

  • Y'en a qui s'y croivent!!! 3 (ben, j'ai doublé les visiteurs, que des parigots ici!!)

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  • Le laboureur et ses enfants - nouvelle histoire

    Un vieux corse aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin, mais il est seul et trop faible.

    La semaine dernière il a fait de l'initiation à l'informatique. Il sait maintenant envoyer un courriel.

    L'idée lui vient alors d'écrire à son fils, qui est incarcéré au Baumettes , pour lui faire part de son problème.

    Cher Doumé, Je suis très triste car je ne peux pas planter des pommes de terre dans mon jardin.

    Si tu étais ici avec moi, tu pourrais m'aider à retourner la terre.

    Ton père, Pascal, qui t'aime.

    ______________

     Le lendemain, le vieil homme reçoit une réponse courriel :

    Cher Père, ne touche surtout pas au jardin!

    J'ai Ton fils qui t'aime,

    Doumé

     ____________________

     A 6 heures du matin débarquent chez le vieillard :

    - le G.I.G.N., les R.G., la D.N.A.T. (Division Nationale Antiterroriste)

    - 4 tractopelleset même TF1, France 2, France 3, CNN, ....

    Ils fouillent tout le jardin et ne trouvent rien.

    __________________

    Le soir, le vieil homme reçoit un nouveau courriel de son fils :

    Cher Père,

    > >  Je pense que la terre du jardin est maintenant retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux.

    > >         Ton fils qui t'aime, Doumé

     

  • Y'en a qui s'y croivent!!! 1

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  • N'avalez pas n'importe quoi!

    Trop la honte!!

    La presse française,  suivant l'AFP, écrivait récemment que des tanks russes circulaient en Ukraine, alors que la dépêche de l'OSCE stipule bien 40 " tanker" (camions citernes)

    Et tout le troupeau des baveux (journalistes) français a repris en cœur, sans aller vérifier sur le site de l'OSCE

    Analyse ici.

    http://www.les-crises.fr/incompetence-crasse-les-40-tanks-imaginaires-de-l-afp/

    La presse française, donc, fait dans l'approximation, dans le parti pris et dans l'émotionnel, (elle "sait"  dès le crash de l'avion malaisien que c'est la Russie ou les indépendantistes qui l'ont abattu par ex, sans preuves, bien évidemment).

    Toute la médiocratie va jusqu'à changer la traduction des news en anglais: par ex, les enquêteurs malaisiens et des légistes hollandais, venus après le crash de l'avion malaisien, étaient très contents de l'accueil reçu, ont loué le travail de récupération des corps (en pleine guerre, dans des conditions difficiles) alors que la presse française a parlé de difficultés relationnelles, de corps en train de pourrir dans des trains ou sur le terrain (alors que les trains étaient frigorifiques, et les médecins légistes hollandais ont trouvé que le travail de récupération des corps était remarquable), de pilleurs de cadavre.. Vous avez, sans doute, lu les deux articles (francais et anglais)

    Mais, lisez: cela fait vraiment bizarre, quand on a sous les yeux la version anglaise (ou malaisienne) et française du même événement.

    On se frotte les yeux de stupeur:

    Coupage des vidéos, ou des photos (masquant les symboles nazis des "ukrainiens au pouvoir". Ou bien, vidéo faisant croire qu'un soldat séparatiste pille un "nounours" sur le crash, alors qu'il a les larmes aux yeux, brandi le nounours en disant “regardez ce qu'ils ont fait"... pose le nounours et fait le signe de la croix..... etc. etc....

    Quelqu'un ou quelques uns voudraient manipuler l'opinion et déclencher une guerre qu'il ne ferait pas autrement. On se croirait aux beaux jours de la Stasi, KGB, etc…. C'est cela, la presse gauchiasse française!

    Site global collaboratif: http://www.les-crises.fr/

    La crise ukrainienne en long en large et travers http://www.les-crises.fr/ukraine/

    Voir partie historique pendant la deuxième guerre mondiale: âmes sensibles s'abstenir sur la partie documentaire "juive".

     

  • T'as le look, coco!

    La paranoïa contemporaine… la foutue chemise.

    Avec le politiquement correct, on n’a jamais fini d’en finir. On croit avoir touché le fond mais,  elle se renouvelle chaque jour davantage de plus en plus indécente de névroses diverses d'avariés personnages constipé-es de l'intelligence.

    L’antiracisme, l’anti-sexisme et, de manière générale, la lutte contre la discrimination se découvrent chaque jour un nouveau cheval de bataille et n’en finissent plus de traquer la déviance là où les gens normaux ne l’aurait pas vue.

    C’est d’ailleurs l’un des traits diagnostiques de la personnalité paranoïaque décrits par le DSM. C’est ainsi que le paranoïaque discerne des significations cachées, humiliantes ou menaçantes, dans des événements anodins tandis qu’il s’imagine des attaques contre sa personne ou sa réputation, auxquelles il va réagir par la colère ou la rétorsion.

    La paranoïa autrefois dénommée “folie raisonnante“ est à l’instar du CO2, qui est un gaz inodore et mortel, un phénomène mortifère qui prend de l’ampleur sans qu’on ne le remarque. Les paranoïaques souffrant d’une hyper-inflation du moi ont tôt fait de faire entrer autrui dans leur délire sans que ce dernier ne remarque justement l’aspect effrayant des thèses défendues.

    C’est ainsi que la folie à deux est un type de délire non schizophrénique dans lequel la vision délirante du monde du patient souffrant de paranoïa est adoptée par d’autres individus avec lesquels il est en contact et constitue une forme d’hystérie collective.

    C’est ainsi que cette hystérie collective s’en est récemment pris à des chemises. Comme je ne savais pas traduire " chemise " en grec ancien, j’ai simplement utilisé le terme chiton qui est un vêtement traditionnel de la Grèce antique, afin de trouver une racine à cette nouvelle phobie. C’est la raison pour laquelle je parle de " chitonophobie ", un néologisme adapté aux circonstances. J’en veux pour preuve les deux exemples suivants.

    Savez-vous que la chitonophobie est l’hostilité, explicite ou implicite, envers des individus dont les préférences en matière de chemises vont vers les tissus imprimés humoristiques ou décalés. — Philippe Psy

    Voici peu de temps, un groupe de scientifiques réalisait l’exploit de faire atterrir la sonde spatiale Rosetta sur une comète située à cinq-cents millions de kilomètres de la terre. On aurait pu saluer l’exploit et se demander de quelle manière la science allait bénéficier de cette incroyable odyssée.

    C’était sans compter les khmers de surveillance qui n’ont eu d’yeux non pour cet exploit mais pour la chemise que portait Matt Taylor, le responsable du programme. Il faut dire que ce dernier, sans doute pour souligner sa bonne humeur et casser les codes trop austères de la science, portait pour l’occasion une chemise ornée de pin-ups, laquelle a été jugée "sexiste".

    Certains y auraient même vu une manière inconsciente de prouver que la science est généralement un milieu masculin sexiste. Plutôt que de laisser les choses se tasser, en se souvenant que les gros titres du jour servent à emballer le poisson le lendemain, notre pauvre scientifique s’est cru obligé de s’excuser pour sa chemise.

    Quel mal avait-il commis si ce n’est, en tant que mâle hétérosexuel, de porter une chemise imprimée de pin-ups? Est-ce un crime?

    Au pire, on peut juger sa chemise laide et imaginer qu’il préfère les bimboo que les thons, mais elle n’indique en rien ce que Matt Taylor pense des femmes en général. C’est une interprétation qui n’appartient qu’à celui-celle qui la fait que de dire que le port d’un tel vêtement serait sexiste.

    Plus récemment, c’est Kim Kardashian qui s’est trouvée accusée de discrimination pour avoir porté un chemisier imprimé de silhouettes de geeks, ces caricatures de scientifiques portant lunettes et nœuds papillons. On l’a donc accusée d’offenser la science parce que les personnages figurant sur le chemisier seraient des "personnes socialement maladroites en blouse blanche et lunettes épaisses, posant d’une manière peu flatteuse, tenant des ustensiles de laboratoire ou écrivant des équations sur des tableaux noirs". Des ingénieurs quoi! s’ils sont champions pour résoudre des équations différentielles, ils ont un peu plus de mal avec les rapports sociaux en général et les femmes en particulier.

     

    Ces deux exemples démontrent clairement la paranoïa de notre époque. Car lorsque les scientifiques portent des chemises rigolotes, on les accuse de sexisme, tandis que lorsqu’ils sont trop ternes et proches du stéréotype de l’ingénieur, ils en souffrent et n’aiment pas que l’on se moque d’eux. L’idéal finalement est de s’enfermer dans une minorité à laquelle on reconnaitra des droits et notamment celui de se plaindre.

    Le Larousse précise que l’humour, au sens large, est une forme d’esprit railleuse "qui s’attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde, ou insolite de certains aspects de la réalité".

    Quand on se moque d’une catégorie de personnes, il est fort à parier que l’on appartient soi-même à une autre catégorie que l’on moquera aussi. Nous sommes des animaux sociaux et tout individu normal sait parfaitement distinguer l’humour de la méchanceté sans que l’on n’ait besoin de ces redresseurs de tort dont le faible nombre n’est qu’amplifié par le tambour vide des réseaux sociaux relayés par une presse exsangue n’ayant plus rien d’intéressant à dire.

    Le paranoïaque est un pervers qui méconnait sa perversité. Il ne vous frappe pas, pas plus qu’il ne vous vole ou ne vous viole. De manière bien plus pernicieuse, il s’empare insidieusement de votre psychisme, de vos élaborations mentales, afin de les façonner de manière à les rendre compatibles avec sa manière rigide et pathologique de voir le monde. Son but est de vous persécuter pour vous amener malgré vous à être gouverné par ses desseins pervers. Il vous amène à vous croire responsable d’un pseudo-désastre qui n’existe que dans son cerveau malade.

    Pas de chance pour nous car l’humour et la dérision, et dans une plus large mesure la liberté de parole, sont gravement menacés. Car si le DSM omet de le préciser, les paranoïaques se distinguent par une absence totale d’humour. Et à ce titre, l’humour est le meilleur rempart contre les paranoïaques. D'ailleurs, l'humour, pour l'instant, est la seule chose qui nous distingue des robots et ordinateurs.

    "Bonnes feuilles" sur Contrepoints